♥♥ Tout en ajoutant des personnages fictifs, le film s’attache à raconter fidèlement l’évolution de Mgr Romero alors que le Salvador sombre dans le chaos. D’abord figure calme et prudente, l’archevêque va peu à peu s’opposer au gouvernement, qui n’hésite pas à tuer des prêtres critiques envers le pouvoir. Il sera assassiné le 24 mars 1980, en pleine messe. Canonisé en 2018 par le pape François, Óscar Romero est remarquablement joué par un acteur assez peu connu, Raúl Juliá. Le long-métrage traduit très bien la tension permanente qui règne dans le pays, les moments d’insouciance étant toujours coupés par des événements terribles. Le compositeur oscarisé Gabriel Yared offre une musique tout en retenue, qui évite les thèmes trop mélodramatiques.
♥♥♠ Même s’il évoque la théologie de la libération à travers certains personnages, le film ne tombe pas dans le piège militant manichéen, et met en avant les doutes d’un prélat face au choix radical de certains prêtres. La foi sincère et le courage de Mgr Romero offrent des scènes puissantes où la charité triomphe de la haine et de la violence. Certaines images de meurtre, et les évocations de torture, peuvent heurter un trop jeune public.