Film émouvant, La voix du pardon conte, selon un jeu de mots sans doute intentionnel, la voie du pardon. L’on objectera que l’on ne pardonne pas comme l’on tombe amoureux, d’autant que, sauf miracle, le pardon est un acte et la passion (le sentiment)… une passion (subie). Alors, faut-il incriminer une incohérence du scénario ou une inconsistance de l’histoire ? Nullement, puisqu’il s’agit d’un biopic.
En fait, il en est du pardon comme de la chanson qui en sera le fruit. C’est ce qu’explique ce qui, selon moi, est le plus bel échange du film : « L’air et les paroles se sont révélées à moi en dix minutes », explique Bart à Amy Grant (Nicole DuPort) qui lui répond avec grande profondeur : « Bart, cela t’a pris toute ta vie », sous-entendu pour la composer. Certes, le film n’est pas formellement sans imperfection : hors Denis Quaid, époustouflant, les acteurs ne sont guère convaincants, le montage est heurté et maladroit. Toutefois, et c’est de loin le plus important, ce film émouvant dessine le chemin de la perfection qu’est le par-don (étymologiquement : « don parfait »). « Soyez parfait comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5,48), dit Jésus ; or, le « don parfait » du « Père des lumières » (Jc 1,17) est la miséricorde toujours offerte à celui qui se retourne vers Lui (cf. Lc 15,17).
Pascal Ide