Après avoir mûri, Nanni Moretti s’est éloigné de ses comédies nombrilistes – mais réjouissantes. Comme Woody Allen, auquel on le compare souvent, il s’est essayé au drame. Et c’est un coup de maître. À partir d’une chronique familiale, dont il nous fait sentir, grâce à des petits riens, que le bonheur est là, au cœur de cette famille ordinaire, il filme la douleur la plus terrible qui soit : celle de la perte d’un enfant. C’est simple, poignant et d’une parfaite authenticité. Nanni Moretti est bouleversant dans son personnage de père blessé. Quant à Laura Morante, elle n’a jamais été aussi belle et émouvante. Cette descente dans les abîmes de la souffrance de l’homme n’est jamais complaisante. La douleur est représentée de manière simple et authentique, mais avec une puissance d’évocation terrible. Il y a un bref éclair spirituel dans cette souffrance : la messe que les amis du défunt font dire pour lui. Quant à la fin, elle apporte une lueur d’espoir : la vie continue, mais plus jamais comme avant.